Québec Yachting

Deux bateaux, deux mesures – Rencontre avec deux loopers au canal de Lachine

Dragonfly avec l’équipage.

Rituel pour certains, périple de découvertes pour d’autres, s’aventurer sur les flots des canaux historiques, au rythme des éclusages, demeure un secret encore bien gardé. Parcs Canada est allé à la rencontre de deux équipages très différents, amarrés le temps d’une escale au lieu historique national du Canal-de-Lachine.

Les canaux dessinent une jolie toile entre les États-Unis et le Canada. Les connaisseurs parlent de la petite et de la grande loop (« boucle ») grâce auxquelles il est possible de naviguer sur des périodes variant d’une semaine à une année. Vous pouvez ainsi voguer d’une vue sur Manhattan à une vue sur Montréal tout en faisant escale dans des joyaux de verdure en moins d’une semaine, à l’instar de Bill et Cynthia.

Dragonfly avec l’équipage.

Ces deux loopers, originaires de la Pennsylvanie, sont les heureux propriétaires du Dragonfly. Construit en 1989, ce bateau de 41 pieds naviguait sur le lac Érié avant d’être mis en location sur le canal Rideau. C’est là qu’il y a neuf ans Bill et Cynthia ont eu le coup de cœur pour ce bateau. Après l’avoir loué à plusieurs reprises, ils l’achetèrent dès que l’occasion se présenta.

Toit du Dragonfly et panneaux solaires.

C’est Bill qui a baptisé le bateau Dragonfly, qui signifie « libellule » en anglais, en raison de la passion de Cynthia pour ces insectes. « La libellule vit autour de l’eau et dépend d’elle à tous les stades du cycle de sa vie. C’est un insecte « à énergie solaire » qui doit se prélasser au soleil pour réchauffer ses muscles avant de prendre son envol. « Dragonfly » est donc un nom parfait pour un bateau à énergie solaire », nous explique Cynthia, auteure d’un guide d’observation des libellules.

De plus, dans le cadre de ses fonctions de professeur universitaire d’éducation en environnement, Bill a mis en œuvre un projet éducatif pour leur bateau-excursion. Le Dragonfly a alors été converti en une véritable embarcation respectueuse de l’environnement et adaptée à leur philosophie de navigation. Plusieurs technologies écologiques et durables ont été installées sur le bateau. La plus visible est son toit entièrement recouvert de panneaux solaires, qui permet d’alimenter, entre autres, le système de batteries, le moteur et tous les appareils électriques à bord. « Cela s’avère très pratique lorsque le bateau est ancré dans un endroit éloigné. Nous faisons ainsi le plein d’énergie! », nous raconte Bill.

À quelques encablures du Dragonfly, une embarcation bien différente nous attend. En provenance de la Chipman Point Marina, au lac Champlain, une des plus vieilles marinas du lac, le Sandpipper est un petit bateau de pêche avec cabine, équipé du strict minimum. Sa minuscule cuisine et une plateforme arrière modulable pour la chambre à coucher apportent un peu de confort à Sam et à Paul, deux amis qui profitent de ce bel été pour passer du bon temps et s’amuser d’escale en escale.

Naviguer dans les canaux historiques du Canada

Le capitaine Sam navigue depuis son enfance. Il a toujours été intéressé par les bateaux et a eu la chance d’en essayer plusieurs. Il s’est exercé de nombreuses années dans les canaux avec sa femme et sa fille. Cette année, c’est avec son ami Paul qu’il a décidé de partager cette expérience.

Cynthia et Bill, quant à eux, ont toujours fait du canot-kayak jusqu’au moment où ils ont commencé à naviguer dans les canaux historiques. Ils louaient alors des embarcations. C’est de cette manière qu’ils ont découvert la voie navigable Trent-Severn et le canal Rideau. En 2018, ils sont heureux de faire escale pour la première fois au canal de Lachine. Ce canal est très utile, car il permet d’éviter des obstacles naturels tels que les courants. Il est aussi riche d’histoire avec tout le développement commercial du port de Montréal et de la voie maritime.

Des itinéraires aussi variés que les paysages!

 « Nous sommes partis du lac Champlain, de Chipman Point Marina, au sud du lac Champlain », nous raconte Sam. « Nous avons remonté la rivière Richelieu puis le canal de Chambly pour arriver au canal de Lachine, à Montréal, puis le canal de Saint-Anne-de-Bellevue avant de revenir sur nos pas. »

Cynthia et Bill, quant à eux, ont quitté New York, le port d’attache de leur bateau. Leur périple de presque 6000 milles nautiques les a fait passer par les canaux de l’Ontario (canal Rideau) et ceux du Québec (canaux de Lachine et de Chambly) avant de retourner vers les États-Unis. Une longue excursion qui a soigneusement été préparée. Ils n’en sont pas à leur premier circuit dans les canaux, comme en témoigne leur blogue slowboatcruise.net.

Vue du bateau Sandpipper amarré au canal de Lachine.

Des canaux aux attraits non négligeables

Sam et Paul sont unanimes : « C’est merveilleux de naviguer dans les canaux! Nous avons beaucoup de plaisir. Les voies navigables du Canada sont très sécuritaires et peu achalandées en semaine. De plus, partout où nous allons, c’est la fête. Il y a toujours de quoi s’occuper, s’amuser et célébrer. Nous avons pu profiter du Festival multiculturel au lieu historique national du Canal-de-Chambly. Aussi, au canal de Saint-Anne-de-Bellevue, nous avons eu droit à un superbe concert de blues. Et puis, explique Paul, si nous avons envie d’un bon repas ou encore d’apprécier les nombreuses activités en berges, tout est facile d’accès. Nous trouvons de charmants parcs le long des canaux. Cela me permet parfois d’enfourcher mon vélo, qui a aussi sa place à bord. »

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Nos deux équipages insistent sur le fait qu’ils aiment naviguer dans les canaux. « Le personnel y est tellement sympathique et compétent! Nous sommes accueillis en anglais et nous nous sentons vraiment en sécurité. Les éclusiers sont à l’écoute et toujours là pour nous aider. Et puis, passer les écluses est une expérience extraordinaire. Le temps s’arrête… », raconte Cynthia.

« Dans les canaux historiques, nous sommes le spectacle, mais nous sommes aussi et surtout les gongoozlers, des spectateurs passionnés des canaux! » Cynthia

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Sandpipper avec l’équipage.

Si Sam et Paul précisent qu’ils n’ont pas besoin de trop s’inquiéter des conditions météorologiques de la même manière que s’ils se trouvaient au milieu du lac Champlain ou du lac Érié, le couple Bill et Cynthia, lui, apprécie particulièrement toutes les rencontres inusitées dans les canaux, souvent avec des passionnés de navigation. « Dans le milieu, nous nous entraidons beaucoup. C’est une culture qui se partage. Nous sommes d’une même famille. Ironiquement, nous sommes des « gongoozlers », plaisante Cynthia, car les canaux c’est un spectacle permanent! »

Chacun insiste sur le fait que la navigation dans les canaux est unique. « Le design des canaux historiques est en soit original », soulève Bill. « Passer les écluses manuelles… C’est magnifique de s’éloigner de toute cette mécanique omniprésente partout ailleurs, dans tous les autres plans d’eau. »

Tout cela a de quoi alimenter les longues discussions et les anecdotes qui font le charme incontestable du voyage sur les canaux, quand les plaisanciers se retrouvent le temps d’un éclusage ou le temps d’une soirée d’été, amarrés à une jolie jetée.

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Conseils de l’éclusier

Plaisanciers, contactez les éclusiers de Parcs Canada pour réserver votre espace d’amarrage afin de profiter des différents services offerts! À la plupart des postes d’éclusage, vous trouverez des toilettes, des endroits pour ranger des bicyclettes, des trousses de premiers soins, des tables de pique-nique, des bancs et même des hébergements oTENTik si vous souhaitez recevoir des amis.

Questions de budget :

  • Coût d’une nuit d’amarrage dans les canaux historiques au Québec : 0,90 $/pied (de nuit incluant le jour) ou 9,80 $/pied pour la saison.
  • Coût d’un permis d’éclusage saisonnier : 0,90 $/pied par passage ou 8,80 $/pied pour la saison.

Pour plus d’information, visitez le site : parcscanada.gc.ca/canaux.