Expédition Saint-Laurent 2026 : 30 117 livres de déchets retirées des berges grâce à plus de 700 personnes mobilisées à travers le Québec

Portneuf-sur-Mer. Crédit photo : Yanick Lesperance pour l’Expédition Saint-Laurent.
La troisième édition de l’Expédition Saint-Laurent s’est conclue vendredi dernier après 16 jours de mobilisation citoyenne et scientifique dans 21 municipalités à travers 10 régions du Québec. Partie de Montréal le 6 août et complétée à Saint-Ignace-de-Loyola, l’Expédition a parcouru près de 2 000 kilomètres et permis de retirer 30 117 livres de déchets, soit près de 15 tonnes, des berges et des milieux aquatiques, grâce à la mobilisation de plus de 700 bénévoles.
Organisé dans le cadre de la Mission 1000 tonnes, l’Expédition Saint-Laurent était composée cette année de 18 personnes de tous âges : restaurateurs écologiques, plongeurs professionnels, scientifiques, créateurs de contenu et une cohorte de six jeunes engagés. Son objectif était d’organiser des nettoyages collectifs sur les berges et sous l’eau, sensibiliser la population à la protection des milieux aquatiques, effectuer des prélèvements scientifiques, caractériser les déchets retrouvés dans l’environnement, en plus de promouvoir le Défi Saint-Laurent, un programme favorisant la réduction des plastiques à usage unique et une meilleure gestion des matières résiduelles.
Des communautés mobilisées et des participations records Lors de ses arrêts à Montréal, Terrebonne, Richelieu, Granby, Magog, Sorel-Tracy, Trois-Rivières, Deschaillons-sur-Saint-Laurent, Québec, L’Islet, Saint-Jean-Port-Joli, Montmagny, Pessamit, Ragueneau, Pointe-Lebel, Baie-Comeau, Forestville, Portneuf-sur-Mer, Tadoussac, Baie-Sainte-Catherine et Saint-Ignace-de-Loyola, l’Expédition a su mobiliser de nombreux bénévoles et a permis de laisser une empreinte positive, autant sur la santé du fleuve que dans les communautés immédiates.
Un record de participation a même été établi dans la ville de Québec au parc du Vieux-Port, avec plus de 100 personnes venues pour le nettoyage.
« On le dit tout le temps : ensemble, tout est possible et plus l’fun. Les gens l’ont compris et ont été au rendez-vous. Retirer 30 117 livres de déchets des berges et de l’eau, c’est sûr que c’est un peu effrayant. Mais en même temps, ça donne le sentiment de pouvoir agir concrètement. Ça crée un sentiment de fierté, d’appartenance et, surtout, le goût de continuer. C’est comme ça que l’Expédition est un mouvement collectif qui grandit à chaque année», indique Jimmy Vigneux, cofondateur de Mission 1000 tonnes et chef de l’Expédition Saint-Laurent.
Des objets inusités…mais surtout du plastique!
Au fil des activités de nettoyage et des immersions effectuées par les plongeurs professionnels, l’Expédition et les bénévoles ont fait des trouvailles insolites qui témoignent de la variété d’objets du quotidien qui peuvent devenir un déchet : une toilette, des boîtes de céréales pleines, des bouteilles de verre datant d’une autre époque…
Cependant, ce sont les plastiques qui occupent encore une fois le triste palmarès des déchets récoltés.
« Ce n’est pas une grande surprise, mais cela devrait nous inquiéter. Lorsqu’ils se dégradent, les plastiques deviennent des microplastiques, impossibles à ramasser. Après, ils se retrouvent partout dans les écosystèmes jusque dans nos corps. C’est pour ça qu’on dit que la santé du Fleuve, c’est aussi la nôtre. Au-delà des nettoyages, il faut arrêter de produire ces déchets à la source», explique Lyne Morissette, PhD, cheffe de l’équipe scientifique de l’Expédition Saint-Laurent et cofondatrice de Mission 1000 tonnes.
Par ailleurs, une caractérisation des déchets a pu être réalisée dans 14 municipalités, où les matières récupérées ont été triées, comptées et pesées selon un protocole scientifique. L’équipe scientifique de l’expédition a également réalisé trois prélèvements, dans les sédiments, par nettoyage, afin de documenter la présence de microplastiques dans le Saint-Laurent et les milieux aquatiques visités.
Parmi les déchets ramassés, on retrouve principalement des contenants de restauration rapide et des mégots de cigarettes, une tendance similaire à celle observée au cours des années précédentes selon les régions. Ces déchets sont particulièrement présents dans les zones urbaines. Dans les secteurs ruraux, on retrouve davantage de déchets anciens, notamment de la ferraille, des matériaux de construction et d’autres débris accumulés au fil du temps.
Ces données, recueillies en collaboration avec Pêches et Océans Canada (MPO) et RECYC-QUÉBEC, permettent d’identifier les principales sources de pollution dans le Saint-Laurent et ses bassins versants, de suivre annuellement l’évolution et la répartition régionale des différents types de déchets, et de mieux comprendre la « signature » de la pollution. Elles contribuent ainsi à orienter des actions ciblées visant à réduire les déchets à la source, à améliorer leur gestion et à mieux comprendre la nature, les sources et les impacts des déchets retrouvés sur les berges et dans les milieux aquatiques.

Portneuf-sur-Mer. Crédit photo : Yanick Lesperance pour l’Expédition Saint-Laurent.
Un défi Saint-Laurent et un volet jeunesse
En parallèle des actions réalisées sur le terrain, l’Expédition a permis de faire connaître le Défi Saint-Laurent, porté par Stratégies Saint-Laurent qui accompagne municipalités et organisations dans la mise en place d’actions concrètes visant notamment à réduire les plastiques à usage unique et à améliorer la gestion des matières résiduelles.
En 2026, 22 municipalités ainsi que 17 partenaires locaux ont adhéré au Défi Saint-Laurent. Parmi ces partenaires figurent KSF, Escape Café, Verdun sur le fleuve, le Comité ZIP Jacques-Cartier, l’OBV Yamaska, TAIGA Board, la Fête de l’eau de Magog, le Comité ZIP du Lac-Saint-Pierre, le Comité ZIP Les Deux-Rives, le Comité ZIP du Sud-de-l’Estuaire, Beneva, L’Élan collectif, Environnement Côte-Nord, Sauvage Charlevoix, la Pourvoirie Lac-Saint-Pierre et le Comité ZIP Saguenay–Charlevoix.
Une cohorte de six jeunes de 18 à 34 ans a pu également vivre l’Expédition de l’intérieur, en participant activement à ces différentes facettes.
« L’Expédition Saint-Laurent c’est une expérience vraiment libératrice qui rassemble des gens avec les mêmes intérêts pour faire un l’impact commun » – Mélodie, 18 ans
Un message pour les partis politiques
Alors que cette 3e édition de l’Expédition Saint-Laurent se termine sur une note positive, Jimmy Vigneux et Lyne Morissette poursuivront leur activités de sensibilisation, notamment à travers la Mission 1000 tonnes.
Avec la campagne électorale québécoise, ils souhaitent d’ailleurs porter un message à l’intention des chefs des différents partis :
«Même après 10 ans de la Mission 1000 tonnes, on ramasse encore toujours autant de déchets. Oui, chaque déchet retiré est une victoire, mais le plus grand succès est celui qu’on ne produit pas, qu’on n’abandonne pas. Réduire les plastiques à usage unique, mieux consommer et mieux gérer nos matières résiduelles devrait être une priorité non seulement pour protéger la santé du fleuve, mais aussi la nôtre ».
Pour découvrir les vidéos, témoignages et galeries photos de l’Expédition Saint-Laurent 2026, visitez les pages Facebook et Instagram de Mission 1000 tonnes.
Par l’Expédition Saint-Laurent