Québec Yachting

Préparation à la sortie de l’eau de votre voilier

Sortie de l’eau du voilier Merlot II.

Le 30 septembre avait lieu sur Zoom la formation Préparation à la sortie de l’eau de votre voilier d’une durée de trois heures donnée par Guylain Noël, de Formation Nautique Québec.

L’arrivée de l’automne signifie que la saison de navigation tire à sa fin et qu’il faut penser à l’hivernisation de son voilier. Vous devez prévoir les travaux à réaliser avant la sortie de l’eau, les étapes à suivre au moment de la sortie de l’eau et les tâches à faire pour protéger sécuritairement votre voilier contre les rigueurs de l’hiver.

Préparation de la remorque

Une des premières étapes à laquelle nous devrions porter une attention particulière dès le départ est bien sûr l’état de la remorque. Nous ne voudrions pas abimer le bateau lors de l’embarquement sur la remorque parce que celle-ci n’est pas en mesure de soutenir le poids de l’embarcation, ou encore moins que l’attache de la remorque cède au moment où votre voilier y est bien fixé.

Voici les étapes :

– Vérifier l’état de la remorque, de ses fixations et des ancrages. Est-ce qu’il y a de la rouille qui s’est formée? Si oui, n’hésitez pas, faites la réparation. C’est ce qui supporte votre bateau, il ne faut donc pas la négliger.

– Vérifier l’état des pneus et assurez-vous que la pression est suffisant. Est-ce que le roulement à billes (ball bearing) de roues est en bon état pour qu’il puisse s’effectuer correctement?

– Préparer et mettre en place les cordages de retenue entre le support avant et les guides arrière de chaque côté.

– Mettre en place les guides avant et arrière.

– Selon leurs emplacements, enlever le lock et le sondeur avant la sortie de l’eau afin qu’ils n’accrochent pas dans les arceaux quand vous allez insérer le bateau sur le ber. N’oubliez pas de remettre leur bouchon.

– Mettre en place les blocs pour soulever la remorque.

Sortie de l’eau du voilier Merlot II.

La sortie de l’eau

Nous savons maintenant que la remorque peut accueillir sécuritairement notre voilier pour l’hiver. Nous pouvons donc nous concentrer sur les manœuvres pour sortir le bateau de l’eau :

– Surveillez attentivement le vent, car selon la direction et sa force, il aura un impact sur vos manœuvres.

– À l’approche du ber, gardez une vitesse suffisante pour conserver de la stabilité sur la direction. Une vitesse suffisante signifie conserver une manœuvrabilité vous permettant d’éviter de dériver en fonction de la force des vents.

– Freiner entre les guides.

– Arrêter sur le stoppeur de quille.

– Laisser le moteur en marche avant.

– Fixer les cordages de retenue par l’arrière et sur le winch.

– Arrêter le moteur et commencer la sortie.

Hors de l’eau

Une fois hors de l’eau et le ber rendu à son emplacement, il faut sécuriser la remorque en insérant des blocs de bois sous la structure, à l’avant et à l’arrière, pour enlever du poids sur les pneus. L’objectif étant d’éviter l’instabilité du bateau si les pneus se dégonflaient durant l’hiver. On s’assure également de mettre la remorque au niveau.

Cela fait, on peut entreprendre le nettoyage et l’hivernage :

– Nettoyer les défenses, les amarres, les équipements de mouillage (ancre, chaines et câblot), le pont et la coque.

– Vérifier l’état des cordages et les remplacer s’ils ne sont plus en bonne condition.

– Lubrifier l’accastillage.

– Utiliser la machine à pression et enlever le limon sur la peinture antisalissure. Après cela, vous serez en mesure de vérifier l’état de la coque. Et s’il y a des bris, vous pourrez planifier les actions qui devront être prises au printemps pour les corriger.

C’est le temps une fois le bateau hors de l’eau de vérifier l’état de toutes les composantes du bateau, telles que moteur, niveau du carburant, transmission, arbre d’hélice et du palier marin, circuit de refroidissement, circuit électrique, réservoir d’eau douce et voiles.

Moteur

Il est souhaitable d’hiverner un moteur dans de l’huile propre. Ainsi, on devrait faire le changement d’huile avant de sortir le bateau de l’eau à l’automne et refaire un changement d’huile au printemps après avoir navigué quelques semaines.

De plus, les actions suivantes sont importantes :

– Changer les filtres au printemps.

– Vérifier l’usure et la tension des courroies ainsi que les supports de moteur.

– Vérifier le conduit d’échappement et les jonctions pour repérer les craquelures.

– Faire le plein pour éviter la condensation avant l’hiver.

– Si le liquide de refroidissement a changé de couleur ou que sa densité a changé, vous devrez le remplacer au printemps.

– Est-ce qu’il y a des odeurs? Est-ce que cela sent le Prestone, l’huile ou le diesel? Si oui, il y a des fuites.

– Nettoyer le compartiment du moteur pour repérer rapidement les problèmes.

Transmission.

Transmission

Quant à la transmission, les vérifications suivantes s’imposent :

– Faites une inspection visuelle de toutes les composantes.

– Vérifier le niveau d’huile et repérer toute perte d’huile.

– Effectuer un changement d’huile au printemps.

– Lubrifier les boulons d’arbre.

Fixation et marquage.

– Après cinq ans, si le joint coule du presse-étoupe, l’enlever et le remplacer avant la mise à l’eau. Si vous avez un modèle PSS, vous assurer que la partie en caoutchouc est en bon état.

– Vérifier l’usure du palier marin et le remplacer hors de l’eau si nécessaire.

– Vérifier les anodes du moteur et de l’arbre d’hélice et remplacer si nécessaire.

Presse-étoupe ou PSS.

Circuit de carburant

– Réservoir de carburant : fermer la valve, vérifier s’il y a des fuites et des odeurs.

– Vérifier le filtre décanteur. Nettoyer les résidus, vidanger l’eau et remplacer la cartouche filtrante au printemps quand vous êtes sur l’eau.

Circuit de refroidissement

– Vérifier les conduits et les collets. Ceux-ci ne doivent pas entrer en contact avec le moteur.

– Vérifier le filtre à eau de mer. Il est censé être plein en tout temps.

– Remplacer l’eau dans le moteur par de l’antigel de refroidissement 50/50.

– Vérifier les collets et les passe-coques. La poignée de ces derniers ne devrait pas être rouillée et vous devez les lubrifier ainsi que les passe-coques.

– Vérifier les courroies.

– Faire un traitement de carburant antibactérien aussi appelé stabilisateur de carburant.

Comment hiverniser votre moteur interne (inboard diesel)?

– Fermer le passe-coque du moteur.

– Ouvrir le filtre d’eau de mer.

– Préparer le Prestone 50/50.

– Démarrer le moteur et passer 2 x 4 litres et arrêter le moteur.

– Refermer le filtre à eau de mer.

– Vérifier la quantité de liquide dans le système d’échangeur de chaleur et tester sa qualité.

– Si vous avez un problème de surchauffe, avant d’hiverniser le moteur, dévisser le tuyau et sortir le thermostat pour le vérifier.

Système d’eau douce

Il ne faut pas qu’il reste d’eau douce dans tout le circuit. Sinon, cela pourrait vous coûter de nouveaux tuyaux, un chauffe-eau ou un réservoir.

– Vidanger l’eau.

– Nettoyer le fond du réservoir s’il y a des sédiments.

– Mettre de l’antigel à plomberie dans le réservoir d’eau potable suffisamment pour purger le réseau au complet

– Pomper dans tous les conduits.

– Inspecter.

– Tester les pompes électriques.

– Purger le chauffe-eau. Si vous n’en avez pas, mettre de l’antigel à plomberie jusqu’à ce que l’eau change de couleur.

– Si vous avez une pompe dans le puits d’ancre à l’avant, mettre de l’antigel à plomberie.

Système d’eau usée

– Faire la vidange septique du réservoir d’eau usée avant de sortir le bateau de l’eau et demander un rinçage de celui-ci.

– Si vous sentez des odeurs dans le bateau, c’est qu’il y a des fuites.

– Fermer toutes les valves.

– Inspecter les tuyaux et les fixations.

– Ajouter un produit antibactérien.

La toilette

– Mettre de l’huile végétale dans la toilette et pomper pour lubrifier le système. Ce geste vous assure qu’elle restera lubrifiée pour éviter la formation de calcaire et conserver le circuit étanche.

– Mettre dans la toilette de l’antigel à plomberie et pomper.

– Mettre de l’antigel dans la pompe de drain de la douche à l’intérieur et faire de même si vous en avez une à l’extérieur.

Sous les planchers

– Vérifier si tout est propre et sec ainsi qu’accessible en tout temps.

– Hiverniser la pompe de cale et la remplir d’antigel à plomberie.

Système électrique

Les batteries

Compartiment à batterie

– Les batteries doivent être dans un compartiment étanche et bien fixé au fond du bateau pour éviter qu’elles se renversent sur le côté.

– Le compartiment où sont installées les batteries doit être très bien aéré.

Charge des batteries

– Charger les batteries complètement avant le débranchement.

– Ne pas sortir vos batteries du bateau l’hiver.

– Il est à noter que les batteries se déchargent plus vite au chaud qu’au froid.

Débranchement des batteries

– Débrancher les batteries.

– Nettoyer les connecteurs et vérifier l’état des câbles et des connexions.

– Vérifier le voltage des batteries avant de les débrancher. Vous devriez voir 12,7 volts.

– Vérifier les feux de position afin de repérer tout signe de corrosion.

– Protéger les instruments des éléments. Enlever tous les équipements qui ne sont pas fixes pour les mettre au sec.

– Vérifier le système de charge du moteur; le voltage en marche devrait être de 14,5 volts. Vérifier la fixation des fils électriques et s’il y a de la corrosion qui s’est formée sur les contacts.

– Fermer le fusible du guindeau électrique. Vérifier les connecteurs de la télécommande, les raccords et les contacts.

– Vérifier la pompe de cale en mode automatique et manuel.

– Vérifier le chargeur de 120 volts.

– Vérifier la radio VHF : le fil d’alimentation, le câble coaxial, la fixation, les connecteurs et l’antenne.

– Vérifier la ligne de propane avec de l’eau savonneuse pour repérer les fuites aux joints, puis débrancher le réservoir.

L’extérieur du bateau

– Vérifier s’il y a des problèmes sur le pont : est-ce qu’il y a des attaches de toiles à remplacer (dodger, bimini)? Regarder les accessoires comme les mains courantes, le rail, les chandeliers, les taquets, les bouchons, etc.

– Vérifier les hublots; est-ce qu’il y en a qui sont brisés? Regarder les joints, le verre, la fibre et l’adhésif.

Gréement dormant

– Vérifier que ces éléments sont en bon état et ne sont pas affaiblis : l’étai, le pataras, les barres de flèche, les haubans, les bas-haubans, la bastaque, le capelage, les ridoirs, l’enrouleur, le tambour d’enrouleur et la vis-de-mulet.

Gréement courant

– Vérifier l’état de tous les cordages et des poulies; la drisse de grand-voile, le génois et le spi; l’écoute de grand-voile, du génois et du spi ainsi que le hale-bas de bôme (vérifier que le ressort fonctionne bien), les bosses de ris, la bosse d’empointure, la balancine de bôme et de tangon. Si la gaine de protection est abîmée ou si le cordage est effiloché, vous devez le remplacer.

– Enlever les écoutes de génois et laisser les autres cordages en place.

– Aucun cordage ne doit entrer en contact avec le mât pendant l’hiver. Fixer les drisses de génois et de spi sur le rail de fargue à l’avant. Fixer la drisse de grand-voile et la balancine de bôme sur le rail de fargue à l’arrière. Vous assurer que les drisses sont sous tension pour la sécurité du gréement.

– Vérifier l’état de toutes les voiles et des coulisseaux. N’hésitez pas à les faire réparer pour refaire des coutures ou poser des patchs. Un bon entretien vous permettra de conserver vos voiles plus longtemps.

– Vérifier les filières et les ridoirs.

– Vérifier les taquets. Si le cordage est abîmé, les dents sont sans doute usées.

– Vérifier et lubrifier les poulies de la gestion de pont.

– Vérifier et lubrifier les chariots d’écoute de génois et de grand-voile.

– Vérifier et lubrifier les winchs, dont les cliquets et l’autobloqueur.

– Vérifier les pièces de rechange et remiser le tout à la maison. Faire de même avec l’ensemble de réparation de voiles et du coffre à outils.

– Vérifier le mouillage et le sécher si possible. Vérifier les manilles, les jonctions du câblot et l’état du puits d’ancre.

– Vérifier le système de barre de secours.

Équipements de sécurité

– Vérifier les extincteurs et les faire inspecter aux six ans.

– Vérifier la trousse de premiers soins. Est-ce qu’il y a des éléments périmés ou manquants?

– Vérifier les équipements de sécurité et remiser à la maison.

– Vérifier la hache et la pince coupe-hauban. Lubrifier et remiser à la maison.

– Vérifier la fixation du réflecteur radar.

– Vérifier l’état des vestes de flottaison, notamment la date d’expiration du système de déclenchement, et remplacer si nécessaire.

– Vérifier les gaffes afin qu’elles s’ouvrent bien.

– Remiser à la maison le radeau de survie et ne pas oublier de faire faire l’inspection à l’échéance.

– Vérifier le détecteur de niveau d’eau et de monoxyde de carbone. Enlever la batterie du détecteur de fumée. Ne pas oublier de la remettre au printemps.

– Vérifier que les pinoches sont bien situées à l’emplacement des passe-coques.

– Ouvrir les coffres à l’intérieur et laisser ouvert pour que l’air puisse circuler.

– Remiser à la maison les publications afin de les conserver en bon état : cartes, manuels, guides et les instruments (jumelles, compas de relèvement, etc.).

– Mettre une toile sur le voilier. Bien couvrir l’arrière pour que la neige n’entre pas dans le cockpit.

– Préparer la liste de choses à faire pour le printemps prochain : réparation, entretien, remplacement, nettoyage, finition, etc. Planifier les commandes de pièces et matériel requis dès l’automne pour vous assurer de les recevoir avant le printemps.

Quelles sont les erreurs les plus courantes?

1- Attendre à la dernière minute pour faire les vérifications d’usage.

2- Attendre à la dernière minute pour procéder à la planification et à la mise en place des travaux.

3- Reporter aux calendes grecques les travaux à réaliser au risque de voir les différents éléments du bateau et l’équipement se détériorer davantage.

Merci à Formation Nautique Québec de m’avoir permis d’assister gracieusement à la formation Préparation à la sortie de l’eau de votre voilier. Guylain Noël donne aussi les cours de navigation côtière élémentaire et intermédiaire, météorologie marine, navigation électronique par GPS et Radar, VHF, électricité maritime et mécanique diesel. Pour tout savoir sur les cours offerts, visitez le www.formationnautiquequebec.com. Vous avez aussi accès en tout temps à des cours en ligne au www.e-nautic.training.

Guylain Noël.

Qui est Guylain Noël?

Reconnu pour sa passion, Guylain Noël est actif dans le domaine de la formation nautique au Québec depuis plus de 25 ans. Il s’est toujours impliqué au sein de différents comités, instances et organisations afin de développer et de promouvoir la navigation de plaisance sécuritaire.

Il est instructeur de voile avancé certifié Voile Canada et instructeur yachtmaster certifié International Yacht Training. Il détient également un brevet de capitaine 60 tonneaux de Transports Canada. Outre la formation pratique de la voile, il est aussi instructeur en navigation côtière et enseigne les logiciels de navigation, opérateur radio VHF/ASN, carte de conducteur d’embarcation de plaisance, mécanique diesel, électricité maritime, météorologie et autres. Fort d’une vaste expérience de navigation autant dans le golfe du Saint-Laurent, l’Atlantique, la Méditerranée que sur les eaux des Bahamas, Guylain est associé et directeur de la formation chez Formation Nautique Québec.

Vous avez des commentaires ou des questions? Écrivez un courriel au info@formationnautiquequebec.com.

Par Joani Hotte-Jean

Photos : Par Formation Nautique Québec

*Cet article sera publié dans le magazine Automne 2020 de Québec YachtingAbonnez-vous, c’est GRATUIT!